
Révélations Mediapart : "la fabrique de LFI comme bouc émissaire" du 17-Octobre
Escuchar episodio
À la une de la presse ce mardi 20 octobre, le maintien de l’ordre en question, les renseignements qui contredisent le gouvernement sur le rôle de LFI, Donald Trump qui fait de la récupération politique et le mystère de la disparition de l’aviatrice Amelia Earhart. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également sur PC en devenant fan sur Facebook… Après cette première nuit de couvre-feu en France, la presse chronique encore les échecs de la doctrine du maintien de l’ordre du week-end. “Après le désastre, comment rétablir l’ordre” s’interroge le Figaro, qui promet aux Français que “le voyage au bout de la nuit ne fait que commencer” à cause de “l’inextricable maquis des cités”. À lire aussiRenseignement, effectifs, doctrine... les raisons de l'échec du maintien de l'ordre le 17 octobre “L’Ordre à l’épreuve” titre La Croix, qui s’interroge sur l’équilibre à trouver entre respect des droits fondamentaux et maîtrise de la violence. Du côté de Libération, allitération dans le titre avec “Nuñez dans la nasse”... Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur dont la démission a été refusée par Emmanuel Macron. La nasse est le le dispositif d’encerclement des manifestants, très contesté, et pour lequel la France a déjà été condamnée par la CEDH. Pour l’Humanité l’exécutif se serait enfermé dans “l’impasse de la répression”. Le journal qualifie le 17-Octobre de “révélateur de la politique de la matraque” avec des “cortèges gazés, et des casseurs en liberté”. Les journaux tentent de dresser le profil des casseurs. Le Parisien parle d’une alliance inédite entre “l’ultra gauche et des jeunes des quartiers”. “La bataille des récits ne fait que commencer” annonce le journal. Cet article rapporte des propos de “spécialistes” qui établiraient une connexion potentielle entre des groupuscules antifascistes et des éléments moins politisés. Les antifas représentent environ 5 000 personnes en France, un nombre stable depuis des années. D’après Le Parisien, ils “veulent faire la révolution” et se “trouvent en dehors de tout parti politique”. Et donc, citant des sources sécuritaires, il y aurait une nouvelle passerelle établie pendant les blocus des lycées : entre cette ultragauche, qui jouerait un rôle de guide, et des jeunes des quartiers qui arriveraient ensuite en masse. Dans Mediapart, un autre article rapporte lui aussi des propos de sources sécuritaires et policières, mais cette fois pour contredire le gouvernement… Hier déjà, la procureure de Paris Laurence Becuau avait refusé de confirmer que les casseurs étaient issus de “l’ultragauche” ; alors que Gérald Darmanin les avaient qualifiés de “factieux d’ultragauche”. Mediapart a interrogé des policiers qui confessent “ne pas porter LFI dans leur coeur” mais être “très étonnés” par “ces accusations concernant LFI qui serait responsable du chaos de samedi”. Des accusations portées notamment par Laurent Nuñez contre le parti de Jean-Luc Mélenchon. Or, un document écrit par un officier du renseignement territorial, consulté par Mediapart déplore “[… qu’] on nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des RT […]” Des renseignements, qui d’après ce papier, n’auraient pas été écoutés par l’exécutif quand ils mettaient en garde sur la violence potentielle des rassemblements de samedi. Ces scènes de violence du week-end sont aussi récupérées à l’étranger, en particulier par Donald Trump. Il faut dire que les élections de mi-mandat, les midterms, sont dans deux semaines, et le camp républicain est en mauvaise posture. The Guardian raconte comment lors d’un rallye dans le Kansas hier, le président américain a décrit la France comme : “conquise, pillée et réduite en cendres par des migrants, des jihadistes et des communistes”… Le Kansas est traditionnellement une terre républicaine. Le fait que Donald Trump s’y déplace maintenant montre une peur de perdre cet État. Le Washington Examiner le dit : Trump veut faire peur aux électeurs républicains avec les manifestations françaises : “ça n’arrivera jamais ici” promet-il, “regardez ce qu’il se passe en France si vous voulez comprendre ce qui est en jeu ici”. À lire aussiManifestations en France : les dessous de la récupération politique par Trump et J.D. Vance Une disparition mystérieuse Pour finir, l’histoire d’un mystère qui reste entier : celui de la disparition de l’aviatrice Amelia Earhart. Pourtant, des chercheurs pensaient avoir enfin retrouvé son avion dans le Pacifique. La pionnière de l’aviation américaine et son copilote Fred Noonan ont disparu en 1937 à bord de ce Lockheed Electra. Ils tentaient de faire le tour du globe en suivant l’Équateur. Leur trace s'est perdue quelque part entre l’Australie et Hawaii. Récemment, des images satellite ont fait croire que la carcasse de l’avion avait refait surface. Mais une équipe de 17 personnes est allée vérifier... Et c’était seulement des troncs d’arbres, échoués sur un atoll, délavés par les courants. Cela fait presque un siècle qu’Amelia Earhart, la première femme a avoir traversé l’Atlantique en solo, s’est évaporée. Pour l’instant, on a juste retrouvé dans la zone : une chaussure féminine, un pot de crème pour le visage et de vagues traces de campement.