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Chaos du 17 octobre : "Comment en est-on arrivé là ?"

Dans la presse

Chaos du 17 octobre : "Comment en est-on arrivé là ?"

19 de octubre de 20265:00
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À la une de la presse ce lundi 19 octobre les manifestations et les scènes de violence dans toute la France ce week-end, les forces de l’ordre dépassées, les commerçants désemparés, et ce qu’en dit la presse européenne. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également sur PC en devenant fan sur Facebook… Les unes de la presse française renchérissent de formules fortes. Le mot qui revient le plus, c’est le “chaos” : on le trouve dans la Croix, Libération, le Parisien, l’Opinion. C’est rare qu’il y ait une telle similarité de vocabulaire dans les titres. Ensuite, vient le mot “colère”, associé pour Le Figaro à la “honte”. Le quotidien qui choisit de montrer le beffroi de la mairie de Limoges, qui depuis s’est effondré à cause des flammes, alors que les autres journaux affichent tous Paris défigurée. Dans le détail, la une de Libération présente cette silhouette d’un CRS isolé, sur fond de fumée - un mélange de gaz lacrymogène et de brûlé. Sur le panneau publicitaire derrière lui, le slogan “fin de l’époque contemporaine” est tagué. Un slogan entendu aussi dans les cortèges, qui semble venir de la gauche de la gauche, et qui marque la date du 17 octobre comme un tournant. Une autre image est devenue un symbole : ce gilet jaune enfilé sur la statue place de la République. La Croix l’a choisi sur fond de fumée noire. À l’avant de ce gilet, c’est écrit “2026 la police mutile les lycéens”. À l’arrière : 1961, la police noie les Algériens. La place de la République a été le théâtre d’affrontements entre émeutiers et CRS… S’il y a bien un consensus dans la presse aujourd”hui, c’est justement sur l’échec du maintien de l’ordre. Du Figaro à Libération : les journalistes dressent un piètre constat. Libération pose des questions pour tenter de comprendre : pourquoi tant de lacrymos en début de manif ? Les policiers étaient-ils trop peu nombreux ? Qui sont les casseurs et les pilleurs ? Sur l’autre page, le journal raconte dans le cortège autorisé comment les manifestations étaient bon enfant avec des “slogans rigolos”. Le Figaro détaille lui les raisons d’un “fiasco sécuritaire” selon ces colonnes c’est donc dû “Défaut d’anticipation, effectifs débordés, bâtiments sans protection” ainsi qu’à une chaîne de commandement trop lente. Le papier commence par pointer du doigt “des milliers d’activistes d’ultra gauche et la racaille des cités”. Le Parisien lui pointe les failles des renseignements territoriaux, qui n’avaient pas mesuré l’ampleur du risque de violences urbaines… Les images de pillages ont beaucoup circulé, ils ont d’ailleurs continué par endroits cette nuit… Et les commerçants sont désemparés. “Pourquoi ils ont pris les fleurs” s'interroge une fleuriste à quelques pas de la place de la République. Libération décrit les restes calcinés des brasiers et des débris dans le quartier, où dimanche matin des touristes faisaient quand même la queue pour aller bruncher. Et on peut aussi regarder cette vidéo du New York Times, qui montre le dimanche matin, l’état des rues parisiennes entre tapis de verre brisé et asphalte brûlé. Dans la presse internationale aussi, nos voisins européens relatent le choc. El Pais affiche les doigts d’honneur d’un manifestant. Le titre du journal espagnol : "La France met le feu au macronisme". Le journal qualifie le second mandat de Macron de "déconnecté de la société" – mais il reste encore six mois, durant lesquels le pays devra adopter un budget et trouver des réponses à la montée de l'extrême droite. Der Spiegel se demande justement si la France est en train de sombrer dans le chaos et la crise. Le journal affirme que ces scènes vont servir un agenda politique : celui de l’extrême droite de Marine Le Pen, qui avait soutenu les Gilets Jaunes, mais qui cette fois, s’inscrit en faux avec la colère sociale. The Guardian, lui, affiche en à sa une la place de la République, mais donne un contexte européen à cette colère de la jeunesse : “les manifestations s’étendent en Europe, alors que la crise du coût de la vie progresse”. Des manifestations il y en a eu dans toute l’Europe on le voit sur cette carte : à Bruxelles, Madrid, Lisbonne Tirana ou encore Milan. D’ailleurs l’un des seuls quotidiens nationaux européens qui ne met pas la France en Une ce matin c’est El Corriere della Sera, qui décrit lui aussi des scènes de violences urbaines, à Milan justement, qualifiées de guérilla.