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Georges Perec, chef d'orchestre dans Libération

Dans la presse

Georges Perec, chef d'orchestre dans Libération

16 octobre 20267:04
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À la une de la presse ce vendredi 16 octobre : la préparation de la mobilisation du 17 octobre, la colère de la jeunesse ailleurs dans le monde, le climat toujours perturbé malgré la fin de l'été, et l'écrivain Georges Perec aux manettes de Libération. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur PC en devenant fan sur Facebook… Après trois semaines de blocus lycéen, L’Humanité aborde la mobilisation du 17 octobre sous l’angle de la convergence des luttes, en tous cas avec le titre : “Carrefour des colères”. Le journal affiche un gilet jaune en une, et interroge d’anciens membres du mouvement de contestation de 2018 et 2019, qui pourraient rejoindre les lycéens, notamment, par solidarité vis à vis de la répression policière. Pour rappel, l’IGPN a ouvert 36 enquêtes pour des blessures mutilantes, ou des suspicions d’agression sexuelle. Le premier flic de France est lui en une du Parisien. Laurent Nunez assure aux lycéens : “On est là pour vous protéger”. Le quotidien a organisé une rencontre de deux heures durant entre le ministre de l’Intérieur et sept adolescents, dont un qui raconte comment il s’est fait confisquer sa pancarte, et Laurent Nunez a reconnu que ce n’était pas normal. Un dialogue où il tente de rassurer des enfants qui disent ne pas se sentir rassurés quand des voitures de police passent à côté d’eux. Les policiers, eux aussi, ont des choses à reprocher au gouvernement. C’est dans le Figaro : le syndicat Alliance qui annonce porter plainte contre l’État, disant que les policiers se sentent “trahis, abandonnés, livrés à la vindicte populaire”. Le ministre de l’Intérieur est accusé de ne pas donner de consignes claires. Le syndicat réclame aussi de mettre la “chaîne de commandement à plat.” Officiellement, 937 policiers ont été blessés depuis le début du mouvement, sans qu’on ait de détails sur le contexte ou la gravité de ces blessures. Le Figaro rapporte aussi comment les familles françaises perçoivent la mobilisation de leurs enfants, entre les inquiets et les enthousiastes. La photo, c’est en tous cas une pancarte qui affiche “Daronne en soutien.” The European Correspondent consacre une analyse à la colère généralisée de la jeunesse dans le monde… Colère liée à la situation économique, et à quatre promesses non tenues : celles de l’accès à l’école, au logement, à l’emploi et à une planète vivable Récemment, c’est en Albanie que les manifestations se sont intensifiées. À l’origine contre un projet immobilier du gendre de Donald Trump, elles s’élargissent aujourd’hui à une contestation du gouvernement et de la corruption dans le pays, c’est à lire dans The European Interest. Hors de l’Europe, La Croix tourne son regard vers Madagascar, et les désillusions de sa jeunesse un an après que les manifestants ont renversé un gouvernement corrompu. Près de 70% de la population a moins de 30 ans, mais ces jeunes ne se sentent toujours pas entendus par les autorités. Une autre mobilisation qui dure, c’est celle des cafards en Inde. Le New York Times consacre un portrait à Neha Bora, l’une des figures du mouvement, qu’on a vu embarquée dans des fourgons de police, mais aussi semer en courant des agents de la police de New Delhi. Un jeu du chat et de la souris qui est devenu un genre à part sur les RS indiens. Une des raisons de la colère de la jeunesse c’est la crise climatique. Même si l’été est passé, les effets du dérèglement de notre planète se font toujours sentir. En particulier avec El Niño , le phénomène qui réchauffe les eaux de surface du Pacifique équatorial et qui chamboule la météo partout sur la planète. La Croix y consacre sa une où on voit la ville de Palangkaraya, en Indonésie, plongée dans un brouillard toxique à cause des incendies monstres qui ravagent les forêts alentour. Les chutes d’Iguaçu au Brésil ont débordé, des fleuves Guyanais s’assèchent. El Niño provoque à la fois trop de pluies par endroit, en jaune sur la carte, et des sécheresses, en gris, ce qui menace la sécurité alimentaire mondiale. L’Europe n’est pas épargnée, non plus, loin de là : rendez-vous compte : The Guardian quotidien britannique alerte sur la sécheresse en Angleterre. Alors qu’on a tendance à imaginer notre voisine toujours sous la bruine. En réalité, la quasi-totalité du territoire anglais manque d’eau, et par endroits, gravement. Au point que les autorités demandent aux habitants de limiter leur consommation. Vous savez que la France aussi a des problèmes de réserves d’eau, notamment en Bretagne. Les Échos alertent sur les risques que le changement climatique impose au patrimoine : à Saint-Malo, Bonifacio, ou encore au musée du Louvre. Et pour finir, la revue de presse s’attarde sur l’intégralité du journal Libération, piloté aujourd’hui par l’écrivain Georges Perec. On parle souvent de Libé pour ses jeux de mots légendaires en une. Or, jouer avec les mots, c’est la spécialité de l’écrivain Georges Perec. Membre de l’Oulipo, l’Ouvroir de Littérature Potentielle, il est célèbre pour son roman écrit sans la lettre E : elle est ici découpée à la une, avec le visage de Perec qui s’y glisse, mais aussi, sur la quatrième de couv’. Il s’agit d’une interview de la lettre E, exsangue de sa relation avec un certain écrivain toxique. Ce n’est pas un numéro sur mais par Georges Perec, qui a destructuré toute la maquette du journal, à l’occasion d’une exposition qui lui est consacrée à la BNF. Le reportage sur les Houthis du Yémen voit ses colonnes tanguer, comme à cause des bombardements. Les numéros de l’article sur la dette sont dans le désordre. Et il y a une enquête sur une énigme, celle de la disparition encore elle, d’une voyelle, cette fois la lettre U. Le lipogramme (c’est comme ça qu’on appelle un texte où l’auteur se prive d’une lettre) est cette fois bien réel, dans les rues paloises. Depuis 2021, des devantures de magasins perdent leur "U" à Pau. Libération retrace le mystère jusqu’à un entretien avec la voleuse… Et on aperçoit même une partie de sa collection de l’avant-dernière voyelle.